Dans le département des Pyrénées-Orientales, nous avons la chance d'accueillir les cinq espèces d'hirondelles nichant en France. Présentes chez nous de mars à septembre, elles vont passer la mauvaise saison en Afrique. Deux d’entre elles sont des compagnons de longue date de l’homme.  L'hirondelle rustique, Hirundo rustica, reconnaissable à sa longue queue fourchue, son dos foncé et sa gorge rouge brique, construit toujours son nid à l’intérieur d’un bâtiment, dans les étables ou les hangars. Au contraire, l'hirondelle de fenêtre, Delichon urbica, surnommée parfois "cul blanc" en référence à son croupion blanc caractéristique, a l'habitude de construire son nid en façade sous les avancées des toits.

Cette habitude est une des causes de la diminution de ses effectifs. En effet, si le ballet incessant des parents venant nourrir leur nichée est un plaisir des yeux, leurs fientes génèrent des salissures sur les façades et les trottoirs et, à cause de cela, les nids sont souvent détruits. Or, cette destruction est illégale car les hirondelles sont protégées par la loi du 10 juillet 1976 et l’arrêté du 17 avril 1981. Les contrevenants sont passibles d’une amende pouvant atteindre 9000 €. Il est pourtant facile de concilier façades propres et ballets d’hirondelle. Il suffit d’installer à 20/30 cm au-dessous du nid une petite planchette de telle sorte que les fientes des hirondelles s'y accumulent et ne salissent plus la façade et le trottoir. Peinte de la même couleur que la façade, elle est pratiquement invisible. Cette solution pratique et économique a déjà été mise en pratique par des particuliers ou des collectivités dans plusieurs communes du département.

Depuis 15 ans, les populations d’hirondelles de fenêtre sont en forte diminution. Ceci est dû, d’une part aux pratiques agricoles, notamment les traitements insecticides qui les privent de leur nourriture et d’autre part, à la destruction des nids. Le Groupe Ornithologique  du Roussillon, recense depuis plusieurs années les nids occupés par ces hirondelles dans plusieurs villages du département afin de suivre l’évolution des populations. Ces recensements sont aussi l’occasion de sensibiliser de nombreux habitants rencontrés sur le terrain lors des opérations de comptages. Pour que les résultats soient significatifs, il est important qu’un maximum de villages soient recensés. Aussi nous vous incitons à participer à cette opération qui est à la portée de tout le monde. Si vous êtes intéressé, contactez sans tarder Jacques Laurens (laurens.ja@orange.fr) qui vous transmettra le protocole.